Holy Grace

World English Bible (with Deuterocanon)

1 “Isn’t a man forced to labor on earth?
Aren’t his days like the days of a hired hand?
2 As a servant who earnestly desires the shadow, as a hireling who looks for his wages, 3 so I am made to possess months of misery, wearisome nights are appointed to me. 4 When I lie down, I say,
‘When will I arise, and the night be gone?’ I toss and turn until the dawning of the day.
5 My flesh is clothed with worms and clods of dust. My skin closes up, and breaks out afresh. 6 My days are swifter than a weaver’s shuttle, and are spent without hope. 7 Oh remember that my life is a breath. My eye will no more see good. 8 The eye of him who sees me will see me no more. Your eyes will be on me, but I will not be. 9 As the cloud is consumed and vanishes away, so he who goes down to Sheol will come up no more. 10 He will return no more to his house, neither will his place know him any more. 11 “Therefore I will not keep silent. I will speak in the anguish of my spirit. I will complain in the bitterness of my soul. 12 Am I a sea, or a sea monster, that you put a guard over me? 13 When I say, ‘My bed will comfort me. My couch will ease my complaint,’ 14 then you scare me with dreams and terrify me through visions, 15 so that my soul chooses strangling, death rather than my bones. 16 I loathe my life. I don’t want to live forever. Leave me alone, for my days are but a breath. 17 What is man, that you should magnify him, that you should set your mind on him, 18 that you should visit him every morning, and test him every moment? 19 How long will you not look away from me, nor leave me alone until I swallow down my spittle? 20 If I have sinned, what do I do to you, you watcher of men? Why have you set me as a mark for you, so that I am a burden to myself? 21 Why do you not pardon my disobedience, and take away my iniquity? For now will I lie down in the dust. You will seek me diligently, but I will not be.”

Bible Crampon 1923

1 La vie de l’homme sur la terre est un temps de service,
et ses jours sont comme ceux du mercenaire.
2 Comme l’esclave soupire après l’ombre,
comme l’ouvrier attend son salaire,
3 ainsi j’ai eu en partage des mois de douleur,
pour mon lot, des nuits de souffrance.
4 Si je me couche, je dis :
« Quand me lèverai-je ? Quand finira la nuit ? »
et je suis rassasié d’angoisses jusqu’au jour.
5 Ma chair se couvre de vers et d’une croûte terreuse,
ma peau se gerce et coule.
6 Mes jours passent plus rapides que la navette,
ils s’évanouissent : plus d’espérance !
7 Ô Dieu, souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle !
Mes yeux ne reverront pas le bonheur.
8 L’œil qui me regarde ne m’apercevra plus ;
ton œil me cherchera, et je ne serai plus.
9 Le nuage se dissipe et passe ;
ainsi celui qui descend au schéol ne remontera plus ;
10 il ne retournera plus dans sa maison ;
le lieu qu’il habitait ne le reconnaîtra plus.
11 C’est pourquoi je ne retiendrai pas ma langue,
je parlerai dans l’angoisse de mon esprit,
j’exhalerai mes plaintes dans l’amertume de mon âme.
12 Suis-je la mer ou un monstre marin,
pour que tu poses une barrière autour de moi ?
13 Quand je dis : « Mon lit me soulagera,
ma couche calmera mes soupirs, »
14 alors tu m’effraies par des songes,
tu m’épouvantes par des visions.
15 Ah ! Mon âme préfère la mort violente,
mes os appellent le trépas.
16 Je suis en proie à la dissolution, la vie m’échappe pour jamais ;
laisse-moi, car mes jours ne sont qu’un souffle.
17 Qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses tant d’estime,
que tu daignes t’occuper de lui,
18 que tu le visites chaque matin,
et qu’à chaque instant tu l’éprouves ?
19 Quand cesseras-tu d’avoir le regard sur moi ?
Quand me laisseras-tu le temps d’avaler ma salive ?
20 Si j’ai péché, que puis-je te faire, ô Gardien des hommes ?
Pourquoi me mettre en butte à tes traits,
et me rendre à charge à moi-même ?
21 Que ne pardonnes-tu mon offense ?
Que n’oublies-tu mon iniquité ?
Car bientôt je dormirai dans la poussière ;
tu me chercheras, et je ne serai plus.